“Elle court, elle court, la maladie d’amour, dans le cœur des enfants de sept à soixante dix-sept ans. Elle chante, elle chante, la rivière insolente, que unit dans son lit, les cheveux blancs, les cheveux gris ...”.
Ce refrain du chanteur français, Michel Sardou, tout comme le chant du reste, traduit la puissance de possession que l’amour peut provoquer sur un être humain. Mais ce refrain peut autant traduire les ravages que l’intolérance peut provoquer sur le même humain, pour peu qu’on change tout simplement les termes “amour” et “rivière insolente” par le mot “intolérance”. A part cela, l’amour et l’intolérance ont cela de commun qu’ils affectent tous deux autant les “enfants de sept à soixante dix-sept ans” que ”les cheveux blancs et les cheveux gris”.
Explication I : l’être humain a beau être âgé de sept ou de soixante dix-sept ans, il n’en demeure pas moins un enfant, en tout cas, sur le plan de sa nature et de son caractère.
Explication 2 : le “lit” de l’amour (au sens figuré) et la “lie” de l’intolérance concernent et affectent autant les personnes séniles (les “cheveux blancs”) que les personnes d’âge mûr (les “cheveux gris”).
Par ailleurs, l’amour et l’intolérance ont cela d’antinomique qu’ils représentant deux pôles aussi opposés que celui du Nord au Sud : en effet, si l’Amour symbolise le Bien, l’Intolérance incarne bien le Mal. Aussi, notre sujet ne traitera que de la “maladie”, voire du mal de l’intolérance, avec ses ravages et autres corollaires : racisme, ostracisme, égoïsme, égocentrisme, fanatisme, xénophobie, misanthropie..., bref, la Haine (avec un grand H) incarnée dans tous ses états et dans le corps et le cœur, et dans l’esprit et l’âme d’un être... humain.
Oui, l’Intolérance ! C’est elle qui brise les chaînes qui unissent les couples les plus solidaires ; elle qui détruit les ménages, les foyers et les familles les plus soudés ! C’est elle qui engendre les rapts, les enlèvements, les vols, les viols, les attaques terroristes et à main armée, les braquages et les prises d’otages !
C’est l’Intolérance qui sème à tout va la discorde, la zizanie, la mésentente, les querelles de personnes, les conflits de compétences entre collaborateurs, dans les rues, les bureaux, les services, en hauts lieux, au sein des syndicats, des associations, des partis politiques, de l’administration, des confessions religieuses... Ah, si seulement les ravages de l’Intolérance nous étaient comptées et contées !...
On n’énumèrera jamais assez la somme de destructions morales que l’Intolérance peut engendrer au sein de toutes ces entités sociales. Pour la... mauvaise déraison que l’être humain étant déjà faible de nature, l’intolérance le dénature davantage et en fait un être au caractère aussi insaisissable qu’une anguille, un être qui, le plus souvent, se croit sorti...
de la cuisse de Jupiter, ou se prend pour le nombril de la terre, qui pense que la terre elle-même doit tourner par et pour lui seul..., bref, un être qui croit dur comme fer que le Ciel ne voit et n’entend que par lui.
Bien sûr, d’aucuns rétorqueront (et à juste titre) que la perfection n’est pas l’apanage de l’être humain. Certes, et c’est la raison pour laquelle l’homme doit toujours tendre vers cette perfection, même s’il est certain qu’il n’en atteindra jamais le sommet.
Car c’est en se nourrissant continuellement de l’idée de la perfection qu’on se défait petit à petit de ses défauts, tares et autres vices qui, somme toute, ne sont ni congénitaux, ni héréditaires.
Du reste, aucune affection morale, qu’elle soit positive ou négative, ne s’acquiert de façon innée : c’est en s’y exerçant que l’être humain se forme, tant dans le sens du Bien que dans celui du Mal, un mal comme l’Intolérance.
C’est pourquoi autant un ange peut subitement se transformer en démon, et vice-versa, autant un homme que tous considéraient pour un saint peut sidérer tout le monde en sen muant soudainement en une créature abjecte : mais tous ces “volte-face”, “retournements de veste” et autres changements déroutants et inattendus de l’esprit et de la conscience ne dépendent que d’une “simple” question d’exercice moral.
En fait, la formation morale est similaire à la formation physique, à la seule différence que la première concerne l’esprit, tandis que la deuxième a trait au corps. C’est dire qu’autant on peut “travailler” son corps jusqu’à en extirper toutes les maladies et obtenir une forme d’Apollon et une santé de fer, autant on peut s’exercer à élever et assainir son esprit jusqu’à le débarrasser de ses impuretés.
Enfin, en toute chose, pour pouvoir, il suffit tout simplement de vouloir, et cela, aussi ardemment que profondément.
Le VIATOR
27 Avril 2010.
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