L’édition qui débute mardi prochain s’emploie à élargir son audience, crée de nouveaux prix et organise une journée où la parole sera donnée aux auteursLe palais de la culture Amadou Hampaté Bâ abritera du 9 au 13 février, la 2è édition de la Rentrée littéraire. En prélude à un événement auquel les lecteurs réguliers de l’Essor sont déjà sensibilisés grâce à une série de publications qui dure déjà depuis plusieurs semaines, les organisateurs ont invité hier la presse au Musée national pour lui présenter le programme de la présente édition.
La rentrée littéraire 2010, ont-ils annoncé, sera riche de la participation au concours des Grands prix de livres d’auteurs venant d’Algérie, du Burkina Faso, de Côte d’Ivoire, du Cameroun, de Guinée, de France, de Suisse, du Mali. Cet élargissement de l’audience, a précisé Ibrahima Aya, s’accompagnera de la mise en place de nouveaux prix pour récompenser, entre autres, le concours de poésie et le meilleur compte-rendu littéraire. Ces prix spéciaux, a-t-il indiqué, sont le témoignage de l’appropriation de l’événement par les autorités en charge de la culture et d’autres départements sectoriels.
C’est aussi et surtout l’appropriation par la société civile malienne de l’événement que constitue désormais cette fête du livre, de la réflexion et du débat d’idées, a estimé Ibrahima Aya.
Cette édition prévoit aussi des conférences qui seront animées par des personnalités comme le professeur Doulaye Konaté, ancien recteur de l’Université de Bamako, Mohomodou Houssouba, écrivain à Bâle en Suisse, Tierno Monénembo, écrivain et lauréat du prix Renaudot 2008, Rachid Boudjedra, écrivain algérien, Gabriel Okoundji, poète-écrivain, Jean-Noël Pancrazi, écrivain et membre du jury Renaudot en France, le professeur Abdoulaye Berté de l’Université Cheick Anta Diop, de Dakar. Toutes ses conférences auront lieu à l’ENSup afin de permettre aux étudiants et scolaires de rencontrer et de discuter avec des écrivains.
La Rentrée littéraire programme également des débats, des cafés littéraires, des rencontres littéraires avec Tierno Monénembo et Rachid Boudjedra animées par Valérie Marin La Meslée. Des dédicaces et des lancements de nouvelles éditions sont aussi prévus. L’innovation, cette année, est l’organisation d’une journée durant laquelle la parole sera donnée aux auteurs. Pour mieux impliquer les élèves et les professeurs, les organisateurs et l’Association malienne des professeurs de langue française (AMAPLAF) ont décidé de construire un projet pédagogique en amont de l’événement.
Ce projet consiste à faire lire des œuvres des auteurs invités à Bamako par des élèves et des professeurs. Ces derniers travailleront en binôme avec leurs élèves et discuteront avec des écrivains lors des signatures. Ainsi les élèves participeront aux signatures de livres et pourront rencontrer pour de vrai un écrivain et discuter avec lui d’une de ces œuvres qu’ils auront découvertes. Trois soirées culturelles figurent également au menu de la manifestation. La première qui se tiendra au San-Toro rendra hommage aux auteurs disparus, d’Ahmed Baba (15è siècle) à Pascal Baba Coulibaly (décédé en juillet 2008). Témoignages, lectures et musique (instruments) meubleront cette soirée.
Une soirée de lecture, poésie « Yanvalou » sera dédiée à Haïti. Elle aura lieu au Centre culturel français. Un clin d’œil sera fait aussi à la littérature orale africaine. La soirée qui sera couronnée par la littérature en contes, légendes et musiques aura lieu à l’Espace "Blonba". La remise des prix littéraires 2010 donnera enfin lieu à une soirée organisée à Laico hôtel de l’Amitié.
Outre ces activités, des séances de signatures par les écrivains seront organisées dans les différentes librairies de la place. Les organisateurs ont rappelé l’objectif de la rentrée littéraire : promouvoir le livre et la lecture ainsi que les auteurs et les œuvres. La finalité est de susciter un engouement réel pour la production littéraire nationale qui fait partie intégrante du patrimoine culturel immatériel.
La littérature malienne d’expression française se trouve à la croisée de plusieurs univers culturels qu’il conviendrait d’assumer et de valoriser. Les débats donneront l’occasion au public de goûter à des trésors littéraires nationaux, autant à travers les succès et les révélations qu’à travers, les œuvres de facture ou d’audience modeste, a insisté Mamadou Bani Diallo, critique littéraire et conseiller technique au ministère de la Culture.
Rappelons que trois prix seront décernés : le prix du « 1er roman » accompagné d’une enveloppe de 1 000 000 Fcfa ; le prix « Yambo Ouologuem » doté d’une enveloppe de 5 000 000 Fcfa et le prix "Massa Makan Diabaté" d’une valeur de 2 000 000 Fcfa.
Mariam A.Traoré
L’Essor du 05 Février 2010.
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